top of page
LOGO 2 JEZEQUEL.png

Arzon, au rythme des marées

  • Photo du rédacteur: Vincent RAMILLON
    Vincent RAMILLON
  • 9 oct.
  • 4 min de lecture

Une année filmée par Le Studio Jezequel

Quand nous avons accepté de suivre, pendant une année entière, les ports et mouillages de la commune d’Arzon, nous savions que nous mettions le cap sur bien plus qu’un simple film institutionnel.C’était une immersion. Une aventure humaine et maritime. Une invitation à regarder le territoire autrement : non pas depuis la terre ferme, mais depuis cette ligne mouvante où la mer dialogue avec la côte, où les saisons sculptent les gestes du quotidien.

Au fil des mois, notre caméra est devenue témoin d’un monde souvent invisible : celui des hommes et des femmes qui veillent sur les ports, qui entretiennent les mouillages, qui accueillent les plaisanciers, qui protègent les fonds marins.Nous avons voulu raconter cette année en mouvement.

Le film que nous avons réalisé pour la mairie d’Arzon est né de cette conviction : un port, c’est bien plus qu’un lieu d’amarrage. C’est une respiration du territoire, une ouverture sur le monde.


Hiver, le cœur battant des ports

L’hiver, à Arzon, n’a rien d’un repli.Quand le vent siffle entre les haubans et que les pontons se vident peu à peu, c’est là que tout recommence, en silence. Sur l’eau glacée, la barge du service portuaire s’avance, et les agents entreprennent un ballet millimétré : lever, nettoyer, vérifier les 970 postes d’amarrage.

Chaque chaîne, chaque manille, chaque émerillon est inspecté, entretenu, remplacé si nécessaire. Rien n’est laissé au hasard. Nous filmons de près les gestes.

L’hiver, c’est la saison des fondations invisibles. Celle où l’on prépare la sécurité, la fluidité et la sérénité des mois à venir.Pour nous, derrière l’objectif, c’est aussi un défi : filmer la patience, la répétition, la rigueur. Rendre tangible ce travail souvent méconnu, et pourtant essentiel pour la vie des ports.

Printemps, l’éveil du rivage

Au printemps, tout semble se remettre en marche à la fois.Les mouillages sont prêts, les cales nettoyées à la force du karcher (sans produits chimiques, car la commune est fière de son engagement “zéro phyto”).Les plages s’habillent peu à peu de balises, les bateaux retrouvent la mer.

Nous avons accompagné ces journées où les équipes s’activent pour que tout soit prêt, chaque détail anticipé avant le retour des plaisanciers.Les images tournées à cette période ont une lumière particulière, un mélange d’énergie et de calme avant la saison.

Pendant que nous tournions, nous mesurions à quel point ce travail est une mécanique collective et exigeante.


Été, l’effervescence

Quand l’été arrive, Arzon se transforme.Les ports de Kerners, de Port-Navalo, du Crouesty, bruissent.Pour l’équipe portuaire, c’est le rendez-vous.

“L’été, c’est la partie émergée de l’iceberg”, nous confiait l’un d’eux. Derrière la fluidité apparente, il y a des mois de préparation, d’organisation, de vigilance constante.

Deux agents administratifs, épaulés par un ou deux saisonniers, orchestrent l’accueil des plaisanciers, gèrent les plans d’eau, suivent l’occupation des bouées, assurent le service de rade.

Et puis, il y a les grandes manifestations nautiques : la Semaine du Golfe, les Grandes Régates de Port-Navalo.Des centaines de voiles… Des visages émerveillés, des familles entières venues voir passer les flottilles. Pour nous, ces moments étaient comme des respirations : la mer en fête, le territoire en effervescence.

Sur l’eau, nos caméras ont dû s’adapter : l’imprévu, la houle, la foule.Quand la technique laisse place à la sensation pure.


Automne, mesurer, comprendre, préparer

L’automne, c’est le temps du recul.Après l’été, les ports se vident, les bateaux regagnent les abris, mais le travail, lui, ne s’arrête pas.

C’est la saison des études et des relevés.En 2022, des relevés bathymétriques ont été réalisés à Port-Navalo et à Kerners, afin de comparer l’évolution des fonds marins avec ceux d’il y a une dizaine d’années.Sous la surface, les cartes changent. Les sédiments bougent, les herbiers se déplacent, la mer écrit ses propres lignes.

Pour nous, filmer cela signifiait inventer une autre manière de raconter : comment montrer ce qui ne se voit pas ?Nous avons choisi les images lentes, les reflets, les gestes précis, pour donner à sentir cette observation scientifique qui prépare l’avenir.Car ici, la mer n’est jamais figée, elle exige qu’on la comprenne, qu’on la respecte, qu’on s’y adapte.

À chaque étape, l’enjeu environnemental reste au centre.Les matériaux, le tri, la valorisation des déchets, la végétalisation des espaces : tout est pensé dans une logique de respect et de continuité.Les ports et mouillages d’Arzon ne sont pas seulement des zones de loisirs, ce sont avant tout des écosystèmes vivants, fragiles, à préserver.


Au fil des mois, nous avons rencontré des passionnés, des veilleurs, des artisans de la mer.Une année de tournage, quatre saisons, des heures d’attente pour saisir une lumière, un geste, un silence. Mais au-delà de l’image, c’est une conviction qui nous a guidés : raconter la beauté, c’est déjà participer à sa préservation.

Nous croyons que la création doit garder le goût du réel. Nos films naissent d’une attention au monde.

À Arzon, nous avons trouvé cela.Une communauté tournée vers la mer, un territoire en mouvement.Et à travers notre regard, nous espérons avoir rendu un peu de ce qu’il nous a offert :la force du travail collectif,la fragilité du littoral,et la beauté des saisons qui, inlassablement, recommencent.


Réalisation par Le Studio Jezequel

Film commandé par la Mairie d’Arzon, Réalisé entre Octobre 2021 et Octobre 2022

 
 
 

Commentaires


bottom of page