La Prochaine Belle Minute - EP.06
- Vincent RAMILLON

- 9 oct.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 oct.
Pourquoi la mode est-elle devenue l’un des grands révélateurs culturels de notre époque ?
Un numéro posé sur un cintre, le silence absolu, des flashs de photographes, un public médusé, une collaboration ACNE Studio x Leboncoin, une zoologie mythique chez Bottega Veneta… Suivez-moi, on se prépare ensemble à plonger dans l’histoire cachée du défilé de mode !
La mode. On croit parfois pouvoir l’ignorer, mais elle, ne nous oublie jamais.
Elle s’infiltre dans les films, les clips, les galas, les dîners. Elle façonne les silhouettes, les récits… Et parfois, jusqu’à l’air du temps.
Mais pour comprendre ce pouvoir qu’elle a acquis, il faut regarder du côté du défilé. Le défilé, ce n’est pas qu’une succession de tenues. C’est un langage. Un moment. Et surtout, une lente montée en puissance.
Je vous propose un détour — en sept instants. Sept glissements qui ont tout changé. Un.
D’abord, il y a eu les numéros.
Avant les défilés-spectacles que l’on connaît aujourd’hui, sur chaque robe : un chiffre, les clientes choisissaient leurs robes en commandant… un numéro. Chanel le faisait encore en 1972 !
Puis, deux, il y avait le silence.
Pas de musique. Juste des talons, des étoffes, des souffles. Un silence voulu, comme celui qui régnait chez Cristóbal Balenciaga, dont l’héritage a ressurgi en 2021.
Troisième moment : le huis clos.
Jusqu’aux années 1960, les couturiers, de Christian Dior à Yves Saint Laurent, interdisaient l’accès aux photographes, redoutant l’espionnage industriel. Même Richard Avedon, pourtant un nom incontournable, n’assistait aux défilés qu’en tant qu’invité.
Quatrième rupture : on quitte l’atelier. Le premier à sortir des murs ? Chloé sous Gaby Aghion en 1956, au Café de Flore. Mais encore longtemps, Gabrielle Chanel, assise sur les marches du 31 rue Cambon, observera les réactions de ses clientes à travers des miroirs.
Cinq. Une secousse : les tops.
Jusqu’à présent la mode n’était l’affaire que d’un petit milieu, et les mannequins n’avaient pas de nom. Puis arrivent Armani, Ralph Lauren, les golden eighties et les top modèles qui deviennent célèbres, la mode devient un secteur culturel qui va petit à petit capter le cinéma, tous les univers, jusqu’à la cuisine et l’art de la table et le lifestyle. Avec Gianni Versace. les corps deviennent des stars. Et le défilé, une déclaration.
Sixième révolution : l’ouverture. 1984.
Thierry Mugler fait entrer le public. Puis Lagerfeld transforme les shows en épopées. Des décors de palais, de plages, de supermarchés. La mode devient spectacle. Et enfin, sept : les écrans. D’abord les blogueuses. Puis les influenceuses. Et le défilé, jadis réservé, devient une matière virale. Un contenu. Un moment à capter, commenter, rejouer.
Et enfin, sept : les écrans.
D’abord les blogueuses. Puis les influenceuses. Et le défilé, jadis réservé, devient une matière virale. Un contenu. Un moment à capter, commenter, rejouer. Alors, pourquoi la mode est-elle devenue un révélateur culturel ? Parce qu’elle ne vend plus seulement des vêtements. Elle vend des récits, des intentions, des visions du monde.
C’est pour ça qu’elle est partout. Sur les marches de Cannes, aux bras des artistes, dans les grandes expositions. Elle ne se contente plus d’habiller, elle inspire, elle provoque, elle questionne. Et surtout, elle fait ce que peu d’industries savent faire : elle donne envie.
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Médias consultés pour ces recherches : harpersbazaar.fr vogue.fr vanityfair.fr milkmagazine.fr Podcast "Le Goût de M" les itws de Michel Gaubert et de Simon Porte Jacquemus Podcast "InPower" de Louise Aubery l'itw de Saveria Mendella



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